Balade sans brouillard

Par Alexia Abboud et Saskia Hazout
Être externe, c’est jongler chaque jour avec l’inconnu.
C’est monter dans une vieille voiture dont on ne contrôle pas toujours la vitesse et se laisser porter par une route qui change à chaque virage.
C’est découvrir un nouveau patient, un nouveau patron, une nouvelle spécialité.
C’est un trajet bruyant où l’on apprend à avancer malgré le brouillard.
Comme externes, nous nous dépassons, nous nous challengeons.
Mais avant tout, nous nous stimulons.
Chaque kilomètre nous rapproche un peu plus du médecin que nous avons toujours rêvé de devenir.
Mais pour y arriver, nous devons apprendre à jongler.
Jongler avec un symptôme isolé qui refuse de s’aligner sur la théorie.
Jongler avec un examen physique subtilement anormal.
Jongler avec le regard d’un patient qui attend une réponse.
Jongler, surtout, avec notre propre incertitude, qui klaxonne parfois sans raison.
Et c’est précisément cette atmosphère stimulante qui nous fait grandir.
L’externat nous apprend l’indulgence.
L’externat nous fait regarder le chemin parcouru et nous montre que, malgré les pannes, nous avons réussi à arriver là.
Parce que devenir médecin n’est pas une course de voiture.
C’est une balade émotionnelle.
Nous devons observer la vue qui nous est offerte même si elle est ponctuée de doutes, d’échecs et de petites victoires.
À tous les externes qui avancent dans l’obscurité : continuez !
Vous êtes à la bonne place.
Et tous les jours, même ceux qui semblent interminables, vous construisent.
Un kilomètre à la fois.
![Salut Grand-père [Texte gagnant]](https://images.squarespace-cdn.com/content/v1/5c9ac5010b77bd2241565fec/1606501857731-SF5EDQ1REI3MSDI7G0LD/Capture+d%E2%80%99%C3%A9cran%2C+le+2020-11-27+%C3%A0+13.27.11.png)



